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Salut à tous,
avant de commencer, situons un peu le contexte. A la base il n'était pas du tout
prévu que j'aille à la Tromph Party, ni même que je fasse de moto ce WE. Non que
ça ne m'aurait pas bien dit mais, que voulez-vous, on ne peut pas tout faire
dans la vie. Finalement j'apprends mardi matin que mon WE se libère. Un petit
moment de réflexion et hop ! j'annonce mon arrivée à Tromph. Petit moment de
réflexion parce que non seulement la météo est pourrie, mais en plus la moto
n'a pas démarré depuis 3 mois au moins. C'est une fidèle titine mais enfin,
rien ne dit qu'elle sortira indemne de son hibernation... Ceci dit, tout le
monde le sait, un CB c'est increvable, alors banco c'est parti !
== PRELIMINAIRES
Mercredi soir, dépoussiérage de la moto, coup de starter, robinet sur 'ON', un
coup de démarreur, deux coups, j'insiste un peu et vroum vroum vroum, voilà ce
fidèle petit moulin qui reprend vie sans coup férir.... Y a pas, cette moto,
c'est quand même un amour et du béton ! Petit coup de jet pour la nettoyer, un
peu d'air dans les pneus, de la graisse sur la chaine (53,000 bornes, pas un
point dur, et encore de la marge de tension), plaquettes OK, coulissement des
cables OK, et roule pour un tour étendu du paté de maison. Une vingtaine de
bornes de milieu urbain, vraiment RAS à part tous ces morceaux de plastique qui
vibrent de toutes parts.
Allez hop ! Labelisée "Bonne pour le service".
== TAKE ONE - "Essaye pour voir !"
Vendredi matin ça commence bien, le réveil oublie de sonner, moi de réveiller,
et me voilà déjà à la bourre pour bien démarrer la journée. Qui ne s'annonce
pas forcément très longue (350 km de road-book), mais sans doute froide et
enneigée. J'aimerais bien voir le coucher de soleil depuis l'Immac plutôt que
sur la moto.... Bon allez. 10h, paré, Lafay^H^HArdèche nous voilà !!
La météo est froide mais pour l'instant le ciel n'est pas trop menaçant. Ceci
dit le RB est humble : que des grands axes, histoire de ne pas trop chercher
les embrouilles. A68 jusqu'à Albi, puis N88 direction Rodez, puis Mende, avant
de rejoindre la N102 et le col de la Chavade qui m'amène vers Aubenas. Pour les
petites départementales de derrière les fagots, on attendra le dégel :)
J'étais donc plein d'entrain et de bonne humeur sur l'A68, à 80 km de Toulouse,
avec juste quelques saucées et un peu de givre sur la visière lorsque tout d'un
coup, beeuuuuuuuuuh. Plus de jus. Genre plus d'essence. Mais plus de clignos,
plus d'allumage, plus rien du tout. Damned !! Kessé ce bordel ?! Me voilà donc
en rade sur le bord de l'autoroute, incapable de démarrer la moto. Je tente la
version "poussette" (avec les sacoches, la bagster, et mon équipement de
cosmonaute sibérien, je vous laisse immaginer le confort),et miracle ! ça
démarre (sans même foutre la moto par terre). Sauf que ça se contente de tenir
le ralenti. Toute tentative d'accélération est sanctionnée par de gros coups de
pistons.... Argl ? Qu'est-ce que j'ai bien pu casser ? Au cours actuel du
transistor, j'espère que ce n'est pas le boitier CDI qui a cramé, ni le
régulateur... Coup de bol, il y a une sortie pas trop loin.
Me voilà donc fin, à suer sang et eau à pousser la meule, à 11h du mat' et
encore 5h de ma destination. La saison part sur de bonnes bases.... :(
Coup de fil à l'asssistance qui vient me récupérer trois quart d'heure plus tard
(ce qui me donne le temps de prendre une photo
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1198.JPG> à défaut de prendre
froid) et me dépose à 12:05 devant Honda Albi qui ferme à ....12:00 !
Bon ben y a plus qu'à attendre 14:00 que ça rouvre. Je sens que je ne suis pas
arrivé... Je me réchauffe comme je peux chez "MécaSandwich", dans les odeurs de
graillons, en contemplant sur écran géant des gars massacrer des motos à qui
mieux mieux, et à se ruiner la peau eux-mêmes au passage. Yapa, le stunt, c'est
vraiment pas mon truc...
Accueil super de Bes Moto (c'est son petit nom). Le mécano prend la clé de
contact, essaye, rien. Coupe, recommence, et là, miracle de la technologie ou
insondable complexité de la motocyclette, tout remarche comme au premier jour.
Un coup de démarreur et hop ! tout tourne nickel de chez nickel ! Va
comprendre, Charles...
Un coup de clé sur les cosses de la batterie, un peu de graisse au cuivre,
"Petit, je ne vois pas trop ce que je peux faire de plus pour toi." Rien,
manifestement.
Bon ben voilà. Je suis à Albi, il est 14:30, et je viens de perdre 4h pour
strictement RIEN. Ravi je suis. Je ne sais pas si si suis plus soulagé que
dégouté, ou l'inverse. Pas découragé pour autant, par contre, et pressé
d'arriver avant la nuit, je renfourche aussi sec la bécane avec l'espoir de
réussir à atteindre l'Immac avant la nuit.
En quittant Albi je sens que je quitte un peu aussi la civilisation. La
température extérieure baisse notablement, la neige est partout dans les
champs. Heureusement, la route est dégagée et la météo, pour l'instant, plutôt
clémente. Cool. J'enchaine les virages avec un peu de retenue quand même car la
température ambiante doit être sous les 5°, et que la dernière fois que j'ai
pris un virage en moto ce n'était même pas encore l'automne, mais tout roule à
peu près.
"A peu près". Ca ne faisait pas 50 bornes que j'étais reparti que tout d'un
coup, un énorme CLAC ! et le moulin qui se met à tourner dans le vide. Ni une
ni deux je pige, je me range, et je confirme : une moto sans chaine secondaire,
ça n'avance pas terrible. :((
FAIS CHIER !!
Y a des jours comme ça, on sent comme une conjonction de forces s'abattre sur
soi. Sans doute traine-t-il une espèce de tablette quelque part qui dit que je
dormirai pas à Aubenas ce soir. Et que ça ne sert à rien de s'acharner comme un
sourd, que de toutes façons c'est comme ça....
Bon. Ben maintenant je suis rodé. Appel à l'assisatnce, photo pour tuer le temps
(<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1199.JPG>) camion, direction Rodez cette
fois-ci. C'est toujours 15 bornes de gagnées.
J'avoue que je ne pige pas trop. J'avais bien vérifié la tension avant de
partir. Vérifié l'absence de points durs aussi. Certes il n'était plus de toute
première jeunesse, mais il avait l'air de tenir le coup, ce KC... Note pour plus
tard "changement préventif à 50,000 impératif".
Ave tout ça, il est presque 16:00 quand on débarque la moto à Rodez...
"Bonjour, j'aurais besoin de changer mon Kit-Chaine de CB. C'est possible ?
- Ah ben désolé mon bon monsieur, mais je n'en ai pas, ni même quoi que ce soit
qui puisse vous dépanner.
-...."
Donc je résume. On est vendredi, il est 16:00 passé maintenant, je suis à Rodez,
soit 150 bornes de chez moi, avec une moto sans chaine secondaire, et en gros,
le concess Honda local ne peut rien pour moi avant mardi au plus tôt, le temps
de commander le KC.
Génial. Super. Great.
"Et y a vraiment pas moyen de trouver ça sur Rodez ?
- Euh je sais pas trop, je vais voir."
Au final on finit par dégoter une chaine (sans pignon ni couronne) qui doit
pouvoir se monter. "125€, ça vous va ?"
Qu'est-ce que voulez que je réponde à ça ? Il m'aurait dit "350€, ça vous va ? "
que je n'aurais eu d'autre choix que de répondre "oui", de toutes façons. Y a
des fois comme ça, où on a tellement envie de se barrer qu'on a du mal à faire
gaffe à la valeur des choses.... Je vais pouvoir reprendre la route, c'est tout
ce que je demande.
Pour aller où ceci dit ? Il est 17:00 passé, je suis à 200 km d'Aubenas, 100 de
Mende, 150 de Toulouse. Et le moto n'est pas encore prête. Elle l'est
finalement à 18:00. Alors, à ce moment-là, entre continuer à m'enfoncer dans
les montagnes, pour finir encore en rade ou par terre ou, avec un peu de
chance, dans un hôtel pourri ou hors de prix à Mende, autant retourner sous ma
couette. Foutu pour foutu, autant dormir au chaud chez moi.
Retour donc à la case départ. Là j'ai tout le temps devant moi, j'en profite
même pour faire des photos. Juste histoire de garder une trace de cette journée
de merde (<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1200.JPG>,
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1204.JPG>). Finalement il est 20:00 quand
j'arrive chez moi. Même pas froid, même pas fatigué. Juste dépité.
Pas découragé non plus ! Vendredi n'a pas voulu me voir arriver à Aubenas ?
Comme je suis un peu tétu (limite obtus) je mets donc samedi au défit de m'en
empêcher !
Ce coup-ci je surveille mon réveil de près. Je me lève même avant lui, et il
n'est même pas 9h quand je prends la route. Le couteau entre les dents, certes,
mais un peu la trouille au ventre quand même. "Quelle merde va donc me tomber
sur la gueule aujourd'hui ?" Réponse de Québécois "D'l'hostie de marde blanche
en masse,
tabarnak !!"
Rien que sur l'autoroute menant à Albi, la BAU est blanche, là où hier il n'y
avait aucune trace de neige. Pour l'instant il ne tombe rien, mais on sent que
ça n'a pas comé pendant la nuit. Et ben ! ça s'annonce sympa pour la suite. Et
croyez-moi, ça l'a été !!
Du coté de là où j'ai cassé la chaine la veille (un peu après Naucelle, pour
ceux à qui ça cause), voilà pas que ça commence à neiger. Ca ne tient pas
directement sur la route. Par contre un vent à décorner les boeuf ramène
allègrement toute cette poudre sous mes roues. Grand sketch dans un virage. Moi
avec 20° d'inclinaison latérale pour lutter contre le vent, qui rentre dans un
virage demandant de pencher un peu plus encore, et le sol impeccablement blanc
par terre. Il y a un moment, je me suis demandé si je n'étais pas entré en
translation complète... :/
Heureusement ça ne dure pas trop longtemps, et la route reste praticable. A
l'approche de Rodez je suis la saleuse sur quelques km, mais je finis même par
la doubler car ça reste roulable malgré tout. Passé Rodez par contre, le sketch
redouble. Là je me crois carrément au ski. Vent qui pousse les flocons à
l'horizontale, route blanche à l'exception de traces de pneu, marrons, ça ne
sens pas bon, tout ça. Heureusement je retombe un peu plus loin sur une
sableuse qui n'empêche pas la neige ne tomber, mais au moins rend la route
praticable...
Montée d'adrénaline tout d'un coup lorsque la moto se met à hoqueter. Mais
heureusement, un passage du robinet sur RES arrange tout ça. C'est qu'on
finirait par devenir parano... Halte donc chez Total, et je verse ma modeste
contribution au 9M€ de bénéfices nets de la compagnie. J'en profite pour
prendre un café et une photo, aussi
(<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1205.JPG>). Par contre je me m'éternise
pas. Il est midi et quelques, mais vu ce qu'il tombe, on se préoccupera de
bouffer plus tard. L'important, c'est de sortir de ce merdier avant que toute
la route ne soit qu'un immense champ de poudreuse... Le pompiste a l'air
confiant sur l'état de la route jusqu'à Mende. Il est juste pompiste, pas
devin, mais ça suffit à me redonner un peu de confiance aussi.
Effectivement, il n'avait pas tort. Malgré la neige qui ne cesse de tomber
jusqu'à Severac, le copieux salage rend la route praticable sans souci.
Là j'avoue un petit moment de bonheur. C'est blanc partout sauf la route qui est
noir luisant, la neige tombe à gros flocons, et moi, le cul sur ma selle, je
suis un des rares spectateurs de tout ça. J'y reviendrai un peu plus bas, mais
je suis au sec et au chaud, alors ça roule vraiment impecc' pour moi. Petit
moment de détente nerveuse dans la journée, ce n'était pas désagréable...
Petit bout d'A75 jusqu'à St-Germain, et on continue direction Mende. Au début
nickel, il ne neige même plus. Le bout du Tunnel ? Mende atteinte facile sous
les nuages, mais la route est dégagée. Cool. J'ai eu ma dose de neige, merci,
maintenant tout ce que je demande c'est d'arriver à destination.
C'était sans compter sur le col de la Tourette. Je rentre tout d'un coup dans
une tempête, vraiment la pire de la journée. Neige épaisse par terre, des
virages partout, des flocasses ataou comme ac' qui viennent se coller à la
visière, le Pinlock qui crie grâce et la buée qui commence à envahir la
visière, ça sue à grosses gouttes sous le casque. Obligé de rouler sur la voie
de gauche, mieux dégagée. Clignos et pleins phares de rigueur, même s'il est
peu probable que ça débarque à toute berzingue en face. Des fois je fais même
carrément la trace dans 5 à 10 cm de neige fraiche, sur quelques dizaines de
mètres. En seconde à 1500 trs/mn, la moyenne en prends un sérieux coup...
Honnêtement, je ne sais pas combien de temps ça a duré. 15 mn ? 5 km ? Pas la
moindre idée. Je n'y voyais pas à 10m, de toutes façons. A un moment donné,
j'ai croisé la sableuse, suivie d'une paire de camions. Avec la neige soulevée,
je me suis retrouvé au milieu d'un jour blanc pendant 10 à 15 secondes facile.
Autant dire une éternité. En gros j'ai roulé dans un nuage de neige pendant un
moment. Et là, c'est un peu comme les mecs du Dakar qui traversent les dunes en
se bourrant tous les 10m, les 150 km restant, ça ressemble un peu à la distance
de la Terre à la Lune.
(Et vous m'excuserez, mais dans ses moments-là, les photos, ce n'est pas
vraiment une priorité..)
Heureusement une fois le col franchi ça s'est amélioré, et il n'en est resté que
le plus beau :la neige. Avec même du ciel bleu, par moment. Alors cette fois
j'ai osé m'arrêter pour prendre quelques photos
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1209.JPG>
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1210.JPG>
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1211.JPG>
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1212.JPG>
Faut croire que j'avais développé le syndrome de Stockolhm. Malgré tout ce
qu'elle m'en fait voir, je ne peux m'empêcher de l'aimer, cette neige...
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1218.JPG>
Derniers (gentils) écueils sur la N102 à hauteur de la Chavade. Comme l'an
dernier, des langues de neige coupent la route par endroit. Assez profondes,
parfois.
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1213.JPG>
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1215.JPG>
Mais avec le soleil qui est de retour, ça me donne surtout envie de prendre des
photos...
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1216.JPG>
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1217.JPG>
Et puis, une fois passé le col, le miracle. L'incroyable. L'inattendu. Le
mythique. Le ciel bleu !!
<http://s.molinalira.free.fr/TP05/N102.jpg>
Un truc de fou. Cette hivernale se mue, en l'espace de quelques km seulement, en
une superbe printanière. Il fait beau, même pas froid, la route est sèche, les
virages sont là, quel pied !! Vraiment, il n'y a que le sel qui recouvre la
moto qui témoigne des conditions météo rencontrées
(<http://s.molinalira.free.fr/TP05/IMG_1223.JPG>). Sinon ici personne ne me
croirait...
Me voilà donc tout soulagé quand j'arrive à l'Immac. Il est 15:00. Je viens de
me faire 6h de route dont presque 5 sous la neige. Mais il fait beau, et je
suis heureux. C'est con, maintenant je comprends le plaisir des Ducatistes. Le
simple fait d'avoir fait 350 bornes sans ennuis mécaniques est une source de
bonheur en soi. Le fait d'avoir fait un truc peu ordinaire, aussi. Je me dis
qu'à cette heure-ci ils sont déjà tous partis, et qu'une bonne douche bien
chaude et une bonne sieste réparatrice me feront le plus grand bien....
Sauf qu'ils faut croire qu'ils m'attendaient, ces rascals ! A peine avance-je
mes roues sur le parkings que je les vois tous, là, à faire chauffer leur
moteur !
Quoi ? Balade ? Là ? Maintenant ? Toute de suite ? Bon, ben.... D'accord alors !
Après tout, après autant de bornes dans des conditions pourries, ça serait quand
même con de ne pas profiter d'une belle après-midi ensoleillée. Alors même
pas le temps de pisser ni de diminuer le nombre de couches, en voiture Simone,
c'est reparti !
Le reste de la journée, vous le connaissez aussi bien que moi. Le bruit de
Spitfire des vieilles Triumph aussi. Les Gorges de l'Ardèche, le Belvédère de
chaipluoù, la bière partagée entre motards de tous ages, de tous horizons, et
de toutes sensibiltés. Le plaisir (pas si habituel) de voir des 'tégristes
partager volontiers leur passion avec des motards qui la vivent très
différement. Et sans prosélytisme, sans extrémisme. Juste pour le plaisir de
partager et de faire découvrir. Chapeau bas l'Ardèche Moto Club.
La soirée aussi vous la connaissez. Ses Bizarres, ses conversations, ses
retrouvailles, ses phrases à ne pas sortir de leur contexte et ses arguments à
la noix. Le plaisir d'être ensemble, quoi...
La journée fut épique, mais elle en valait vraiment la peine.
Un petit mot sur le dimanche, quand même. Parce que la moto couinait, samedi. Le
sel, sans doute. Lavée le soir même, chaine graissée, je teste dimanche matin.
Ca couine encore un peu. Ou ça grince. Je ne sais pas trop. Hypothèse optimiste
: le cahoutchouc de maintient de l'amorto grince. Hypothèse pessimiste : le
roulement de roue AR, qui est marqué coté gauche, est en train de rendre l'âme.
Manquait plus que ça. Génial. Si c'était fini ça serait trop facile. A croire
que la grenouille veut se faire aussi grosse que le boeuf, et que le petit bi
japonais veut se prendre pour une italienne.
Vérification à midi après la balade du matin : une fois le roulement de roue
aspergé de graisse, le couinement disparaît et la roue tourne rond. Que la roue
tourne rond, c'est cool. Qu'il soit confirmé que le bruit vient bien du
roulement, c'est moins cool. Bon ben de toutes façons pas trop le choix. On est
dimanche, je suis à 350 km de chez moi, l'envie d'assurer le retour me fait même
privilégier l'itinéraire "Sud" par Ales (100 km de plus), y a plus qu'à tenter
le coup...
On prend la route avec lcf & Benji. RAS sur le chemin, si ce n'est parfois un
sale bruit dans les virages à gauche. Je les laisse un peu avant Montpellier,
et je trace pour rejoindre l'autoroute. J'en profite pour faire le point et
vérifier le roulement. Argh !! Le roulement provoque une excentrique de deux
bon mm. En gros j'imagine qu'une des billes a fondu contre l'axe et que toutes
les autres lui passent sur le corps à chaque fois. Merd' merd' merd' merd'.
Pour ceux qui se rappellent du dernier article de DonPedro dans MJ, désolé mais
je ne fais pas parti des nostalgiques. Le plan 'je laisse la moto là, je rentre
en train, je reviendrai la chercher dans la semaine", bof bof. Je suis à 260 km
de la maison, c'est tout droit, et je n'ai vraiment, mais alors vraiment pas
envie d'appeler encore une fois l'assistance. C'est bon, j'ai déjà donné pour
les 10 ans à venir...
Alors j'ai repris la route. Il devait être 18h. Je me sentais dans la peau d'un
condamné du couloir de la mort. Tu sais que tu vas mourir, tu ne sais juste pas
quand. Alors me voilà sur l'A9, sur la voie de droite, calé à 110, en attendant
le moment où le roulement allait définitivement rendre l'âme et où de toute
façon je n'aurais d'autre choix que d'appeler l'assistance une nouvelle fois.
J'avais simplement envie que ça se passe pas trop loin de Toulouse, histoire de
simplifier la logistique.... Le modeste dernier souhait du condamné.
Et puis en fait, petit à petit, les km ont passé. Et de 260 km de la maison je
suis passé à 200, puis 100, puis 50, etc. Et, par je ne sais quel miracle, j'ai
réussi à rallier bon port. Même si, une fois sorti de la rocade, une fois que le
bruit du vent ne couvrait plus celui de la moto, je ne pouvais qu'assister au
carnage qui se déroulait dans mon dos. Le bruit d'un usinage continuel, tour de
roue après tour de roue. Dès que je ressors la moto du garage pour changer le
roulement, je vous fais une vidéo, tellement c'est impressionnant (et il n'y a
pas de quoi pavoiser). Là, je n'ose plus lui faire parcourir le moindre cm
inutile...
Donc voilà. Ces roulements, c'est peut-être pas fiable, mais au moins c'est
solide. On verra l'état au moment du démontage.
=== EPILOGUE
Juste un dernier mot pour parler des fringues. Spéciale dédicace à Gericke pour
les poignées chauffantes et les gants, Odlo pour les sous-vêtements thermiques,
Columbia pour le pantalon de ski (par dessus le cuir), Nolan pour le Pinlock, et
Bering pour la veste. Il y juste Alpinestar qui n'a pas été très sympa avec ses
bottes à bout plastique qui captent très bien la froideur. Mais hormis ce
détail, ce WE à aucun moment je n'ai eu froid, même quand le thermomètre
affichait zéro. Ce qui m'a permis d'être toujours décontracté sur la moto. Ce
qui a beaucoup aidé à rendre la session neige possible et, d'une certaine
manière, plaisante. Je pense que, frigorifié et les doigts gelés, le résultat
aurait été tout autre...
Vala. Et même si cette tartine est déjà indigeste, je rajouterai encore une
paire de ligne pour dire Merci à Tromph pour l'organisation, et Merci aussi à
Chag pour le petit coup de fil qui m'a remonté le moral vendredi soir. Celui
qui a empêché qu'un WE mal entamé ne reste un WE merdique.
Bonne route à tous, et au plaisir de rerouler une prochaine fois avec toute
notre équipe de randonneurs :)
sml.
P.S: toutes les photos sont accessibles là :<http://s.molinalira.free.fr/TP05/>
--
Etre libre, c'est n'avoir rien à perdre.
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