Le CR de Dame Jo
Salut l'Ami(e) !
Cela fait un bon moment que je ne t'ai écrit; d'ailleurs, (pardon l'ami
Jean) je suis en retard d'un CR : celui de la BG06 en Périgord Blanc,
aux confins du Limousin, à la mi-Octobre 06, une magnifique promenade,
fort émouvante pour moi, comme tu le verras plus tard _ car je le ferai,
ce CR, n'ayant rien oublié de ce que nous avons vu et vécu.
Mais pour lors, si le coeur t'en dit, viens revivre un peu de la TP07
avec Le Philo, Nervus, Jo, le Druidon et moi.
Ah! cette TP ardéchoise qui vous secoue les endosses, vous use les
pneus, (meû non ! ceux des bécanes, voyons !) pour mieux vous réjouir à
coups de paysages grandioses et d'amitié retrouvée, bien entretenue
depuis Mars 2000... On ne s'en lasse pas; c'est toujours du neuf.
D'abord, cette année, nous avons changé de crémerie; après nos années de
pensionnat, à Aubenas, nous avons rejoint Tromph et Tromphette à
Montpezat, dans une colo située au milieu des châtaigniers. Le cadre est
agréable, même en hiver. Si l'on se promène un peu, on a une belle vue
sur un éperon rocheux volcanique, très sauvage, où se dressent les
ruines d'un nid d'aigle qui surplombe la rivière.
Quel accueil chaleureux nous avons reçu, de la part de Philippe, notre
hôte, excellent cuisinier, qui nous a soignés aux petits oignons ! ( Son
chevreuil, ses lasagnes au saumon sont délicieux et que dire de ses
desserts aux pommes caramélisées plus pommes que Tatin ... Bref, c'est
une rencontre où l'on a encore pris des kilos et pu constater, une fois
encore, qu'on "n'avait pas des vies faciles faciles" ...
Rejointe à Manosque par Jo (en voiture) et Nervus à moto, nos amis de
Thoard, la Druidie au complet avait bien voyagé, sans pluie : Druidon
Loïc avec Jo _ Nervus sur son SV, Le Philo et moi sur le Paquebot,
fringant, qui commençait à piaffer d'impatience, dans son garage :
"Alors quoi, Kancétykonroul ? "
Bon nombre de copains étaient là ce vendredi soir du 2 Mars, le niveau
sonore en témoignant, surtout après l'apéro. Ce fut une joie de revoir
la meute, de retrouver Djeel, joliment barbu _ Lévrier Noir, venu faire
un tour depuis l'Ariège, dans cette Ardèche qu'il ne connaissait pas. Et
puis Pôpa qui commençait à nous manquer; l'infatigable Ulysse trottinait
partout, en quête d'aventures, pas effrayé du tout par une forêt de
jambes où celles de Robin, d'Haroun et de Julio battent des records
d'altitude.
Le premier gag de cette rencontre 07, survenu en nocturne dans notre
carrée, nous fit bien rire, le lendemain matin. Nous avions tous des
lits superposés et Corinne, en se couchant dans le lit du dessus, se
retrouva soudain cul par dessus tête : il ne manquait pas moins de quatre
lattes à son sommier.
C'est Mash, le voisin du dessous, qui a été étonné !
Les lattes "à" Corinne resteront dans la saga de la Tromph.
On fit, pour une fois, la grasse matinée, le petit déj étant fixé à
8h30. Beaucoup d'entre nous ayant hâte d'en découdre avec les routes
ardéchoises, étaient levés depuis longtemps. Douche prise ( si tu avais
vu les plus grands de la meute, dépassant des installations pour nains
de jardin ! )
Samedi matin; il faisait doux, avec un ciel changeant. La météo avait
prévu un temps correct et même du soleil, surtout pour le Dimanche.
Le Philo et moi partîmes en vadrouille avec les Transalpistes : Pôpa,
Julio, Petit Scarabée. Direction Burzet. Soit dit en passant, l'état de
la route, entre Burzet et les Péreyres, le long des gorges de la
Bourges, est franchement dégueulasse. Heureusement les paysages, en
direction du Ray-Pic, compensent les cahots.
Nous montions. La beauté de la nature, à l'approche du Mont Gerbier de
Jonc, se faisait de plus en plus sévère. Il restait çà et là des plaques
de neige. Jean-Jacques, arrivé par là, en soirée, la veille, n'avait pas
dû avoir chaud. Il faisait encore frisquet, vers 11h du matin, à la
pause. D'autres copains nous rejoignirent, dont Marc, Jean-Jacques et
deux de ses amis : Paule et Michel, un couple de Narbonne qui, je te le
donne en mille, s'émut beaucoup en découvrant le 04 sur la plaque du
Paquebot, plus encore quand il sut que nous habitions Manosque, où
eux-même avaient travaillé, tout jeunes, pas mal de temps ... Il n'y a
que les montagnes qui ne se rencontrent pas ... Et encore ...
Le vent soufflait. On avait froid aux nez, aux zoreilles, aux mimines.
Les courageux partirent à l'assaut du Gerbier de Jonc pendant que les
autres gardaient les motos, battaient la semelle en se racontant leurs
aventures et ... mésaventures.
La descente se fit par le Béage, Sainte Eulalie et notre cher Usclade
Rieutord. Il faisait faim. Bien lestés ( lasagnes au saumon après un
hors d'oeuvre de ... calmar au riz ... Notre bon Philippe avait sûrement
pensé : sucres lents ), nous repartîmes par petits groupes. Cette fois
Le Philo, après nous avoir fait le coup du tunnel pour arriver à St
Cirgues, remonta sur Lanarce, bifurqua vers la Chavade pour prendre le
col du Pendu, le col de Meyrand pour redescendre sur Valgorge et Jaujac
: un beau parcours.
Le soleil nous chauffait agréablement le dos, lors d'une pause au Col de
la croix Millet...
Pendant ce temps, ceux qui ne roulaient pas faisaient la sieste ou
allaient visiter l'agréable village de Montpezat. Le Druidon se la
coulait douce, poussé à tour de rôle par Yaya ( à pied-moto-malade ),
Lévrier Noir, Jo, Anne, Bisounoursette.
Une surprise m'attendait au retour de la balade; remontée chercher un
vêtement, j'ai entendu quelqu'un chanter dans les douches. Une belle
voix d'homme. J'aimais ce poème de Mac Orlan, découvert un soir de
grande nostalgie, dans l'interprétation de Monique Morelli, il y a bien
longtemps.
Alors, planquée derrière un mur, pour que le chanteur ne me voie pas,
j'ai écouté puis repris la chanson au début, je n'ai pas pu m'en empêcher.
La voix a dit :
"Dame Jo, il n'y a que toi pour connaître cet air-là !"
Robin des Bois - car c'était lui - m'a alors raconté une chouette
histoire de compagnonnage, de fidélité aux souvenirs, que j'ai déposée
dans mon sac aux trésors qui ne s'achètent pas.
Ce n'est pas la première fois que je constate que les copains chantent bien.
Le soleil promis était au rendez-vous, le Dimanche matin du 4 Mars : il
faisait même chaud ( le Druidon a pris des couleurs ). Nous devions nous
retrouver au Col de l'Escrinet pour un déjeuner avant les adieux
déchirants. Nous n'y serions pas seuls : les écolos, les chasseurs, la
maréchaussée nous ayant précédés _ les uns, pour compter les variétés
d'oiseaux _ les autres, pour donner aux premiers des noms d'oiseaux _ enfin les perdreaux, pour calmer les excités.
Nous suivîmes Franck Monbiquet, qui nous avait
préparé avec Tromph, un joli parcours mais variantes
aidant, nous jouâmes vite à "coucou nous revoilous".
Passés par St Cirgues puis le Cros de Géorand, nous nous
retrouvâmes, un moment donné, seulement suivis de kris et
de Doloop. Que se passait-il ?
Retrouvant Franck à Ste Eulalie, nous vîmes peu à
peu, arriver la troupe : l'un de nos potes lyonnais s'était fait
mal, son sac s'étant pris dans sa roue arrière. Flyben
nous raconta par la suite comment Benoît avait tenté
très courageusement de maîtriser sa machine pour
éviter la chute _ Mais ... Une clavicule cassée _
Rétablis-toi bien, Benoît !
Nous reprîmes la route du Gerbier de Jonc pour redescendre sur St
Martial, harmonieux village au bord d'un lac, où il doit faire
bon vivre, quand l'hiver s'en va ...
Traversées en forêts, nombreux virolos, la ligne de
crête, au Col des Quatre Vios, et une formidable vue sur les
Alpes et le Mont Blanc, pas si éloignés de nous, à
vol d'oiseau. Un motard local nous dit qu'il était rare de les
voir aussi bien. Encore un beau souvenir à engranger.
A l'auberge de l'Escrinet, avant le déjeuner, Djeel, farceur,
constatant que Robin des Bois était bien occupé,
commença à lui attacher délicatement une jambe au
pied de la table voisine avec la ceinture en cuir d'une copine. Le
barouf, si Robin ne s'en était pas aperçu !
Après des échanges de bises, des félicitations
à nos nouvelles motardes, Anne et Nathalie, que J'ENVIE, nous
prîmes le chemin du retour, en jardinant : Le Philo souhaitait
faire connaître à Nervus les Gorges de l'Ardèche.
Fabienne,; Marc de Beaucaire et Duvalben roulaient avec nous pour
profiter encore un peu de ce Dimanche ensoleillé.
Puis nous ne fûmes plus que trois à rouler en
soirée dans l'arrière-pays, au pied du Ventoux, sur le
plateau d'Albion où la nuit arriva. Banon, St Michel
l'Observatoire, la petite transversale de St Martin les Eaux ...
Manosque. Jo et Loïc, arrivés depuis longtemps ( ils
avaient pris l'autoroute pour rentrer ), commençaient à
trouver le temps long. J'étais flagada _ Jean-Pierre (Nervus)
aussi. Le Philo gonflé à bloc. Nous étions
heureux. Du reste, le lendemain, contrairement à ce que je
pensais, pour m'être tant agrippée aux poignées de
la Pan, dans les virages, je n'avais mal nulle part.
Encore merci à la Tromph Family et à tous pour tant de joie partagée.
Salut, l'Ami(e) ! A la prochaine !
Avé le sourire et la bise de Dame Jo
l'enchantée d'la moto.
P.S. Lors de ma petite balade matinale du Samedi matin, histoire de me
dérouiller les gambettes avant le p'tit déj', j'ai
caressé l'idée de ramasser des bogues de
châtaignes, encore nombreuses et bien "piquants-pointus" ... pour
les déposer ... subrepticement ... dans quelques lits de
couche-tard ;-)
--
Dame Jo