Sommaire TP 10
Les CR de GYC
Bonjour,
Il y a des jours bénis entre tous. Par exemple, ce WE, je pars à la
Tromph Party.
Ma Versys, acheté il y a un mois, sort de la révision des 1000. J'ai le
plein de Noobitude, je suis fin prêt.
Départ de Valence avec Kryll, mon sésame pour la Tromph.
D'abord, l'essentiel : ce WE a été enchanteur. L'ambiance, la route,
les motos, tout y était pour que plus d'une semaine après, j'y pense et
j'en rêve encore. Alors à toutes les personnes présentes à la Tromph
Partie, mais aussi aux frmistes que je ne connais pas encore mais qui
m'ont mis dans le bain par la lecture de leurs posts, je vous remercie
profondément. Et s'il y en a un qui fait un jeu de mots là dessus, je
le remercie profondément.
VENDREDI :
Kryll, en bon pédagogue, décide de faire les choses par étape :
1 - franchissement : pour bien connaître sa moto, il faut sentir la
répartition des masses. Et pour ça, rien de telle qu'une route en cours
de (dé)construction, avec tas et barrages de terre, bitume morcelé,
barres de fer qui trainent. Joueur, le Kryll pose sa Triumph lors de
l'ultime franchissement, cale, et commente l'évènement d'un laconique
"passe pas...". Cela fait moins de 10 minutes que l'on roule.
2 - virolo : que du bonheur. Tellement que je ne sais même plus où on
est. Par contre, je commence à comprendre où passer. Et je penche. Je
vois la route en biais. Ca semble tout bête une fois écrit, mais ces
mots mis en acte pour la première fois, c'est le pied. Je suis confiant
car Kryll tient compte de mon niveau et de ma bécane, je peux donc
considérer pour cette fois que s'il passe, je passe. A une pause,
première explication sur les trajectoires. Puis première application,
un peu aléatoire, mais je reste dans ma voie.
3 - froid : -4 qu'il dit le panneau extérieur. Bon, j'ai testé la moto
dans le froid, on rentre maintenant ?
4 - neige/verglas : ben non, avant y'a neige. Niveau 1 : alors qu'on
arrive sur une portion de route complétement enneigée, on voit une moto
en plein milieu avec un motard qui tourne autour. En fait, c'est
Titeroute qui prend des photos. Donc, il y a aussi des folles, tu
m'avais pas prévenu, Tromph. Il y a également Perfal. On passe au
ralenti, un pied sur le frein, l'autre sorti, comme ils m'ont tout bien
expliqués. C'est reparti avec Perfal qui ouvre la voie. Derrière sa
KTM, j'ai l'impression que ma Versys est un castrat. Niveau 2 : une
portion enneigée qui monte. Titeroute patine, on continue jusqu'à la
partie sèche, sauf Kryll qui s'arrète pour aider et... reste planté.
Enfin, c'est reparti. Après quelques kilomètres de glagla, on arrive
dans une forêt ou il fait moins froid et ou la route est sèche. Perfal
accélère, je suis. Changement de méthode : je sais qu'il passe un cran
trop fort pour moi, donc je freine plus que lui avant le virage et
accélère plus après pour me remettre dans sa roue. Crevant mais
jouissif.
On arrive au Paradis des enfants ou je rencontre la Tromph family et
les remercie : à peine arrivé et déjà des souvenirs plein la tête et
l'impression d'avoir progressé.
Commence le grand jeu du Tékitoi, à essayer d'associer des visages avec
des pseudos ou noms lus sur frm. Faut dire qu'aucun posteur n'a mis sa
photo sur son profil Usenet. Ces motards, à part ceux sous Linux, ils y
connaissent rien en info.
Haroun me fais un gros câlin de bienvenue en répétant en boucle
"copain, copain...". C'est bon d'être aimé. C'est douloureux aussi
parfois.
Sans surprise, je suis exténué et vais me coucher tôt. On rapporte
toutefois, sous couvert d'anonymat par peur de représailles, qu'une
scène édifiante eu lieu à la fin du repas. Je vous livre ce témoignage
tel qu'il m'a été transmis, en ayant toutefois modifié les noms des
belligérants pour plus de sureté :
"J'étais à table en train de me soigner un afte avec le fromage de BIP
quand tout à coup des rires se firent entendre. Je me retournais et
découvrais avec stupéfaction la Versys de BIP dans le réfectoire,
amenée ici par quelques personnages louches, dont certains membres de
la BKRT. Ils étaient armés d'un marteau et d'une tuile, les rendant
encore plus dangereux. Les barbares avinés, c'est comme les grand
fauves traqués, un rien peut les faire passer en mode berserk. BIP se
leva donc doucement et tenta de les amadouer avec des blagues et des
sourires tout en s'approchant de sa moto. Puis par surprise, il les
sècha d'un tonitruant "J'ai l'air gentil comme ça, mais je peux être
sanguinaire !". Le groupe, impressionné, hésita. BIP et BIP avaient
l'œil vitreux - sans doute la peur. Seul BIP, Frankenstein du
deux-roues, continuait à raconter ce qu'il avait "fait" à sa propre
Versys tout en tournant autour de l'autre. Ensuite, je ne sais plus, je
me suis évanoui."
-- GYC, inconscient du danger...
SAMEDI :
On roule ! D'abord le col du Coussinet, une route au bitume tendre et
aux courbes régulières. Là j'en chie. A basse vitesse, les trajo sont
d'autant plus aléatoires que je sens du flottement dans le guidon. Et
puis les graviers, les trous, les murets, le vide, c'est comme le
piment : ça relève le gout mais faut prendre l'habitude. Enfin, je m'en
fous, je suis au milieu de la horde pétaradante, je suis bien.
Plus loin, des beaux virages sur du beau bitume. Je ne sais plus ou
c'est , mais pour la première fois de ma vie, j'arsouille. Toute
proportion gardée - les vieux de la veille préciseront si c'était le
niveau première ou deuxième étoile - je ressens
la griserie d'attaquer. Une moto me double, pour ensuite ralentir.
J'ignore qui c'est (je me demande même s'il faisait partie du groupe),
ni pourquoi il relâche, mais je le surnomme immédiatement PainBéni. La
route est dégagé, bonne visi, pas besoin d'avionner pour le passer, j'y
vais ! Je monte haut dans les tours (8000 ? En tous cas là ou je
n'étais encore jamais allé. On dirait un pitch de film. Et puis ça fait
penser à l'Everest. Y'a un côté culminant dans le chiffre. Sinon, vous
aimez les parenthèse à rallonge ? Pour moi, c'est un peu comme une
longue respiration au milieu de la phrase, ça permet de se ressourcer)
et je double... un peu fort : j'arrive à laréponseatout*4-8 devant le
virage. Je pile,
la roue arrière bloque une fraction de seconde, je relâche les freins
et penche, ça passe bien. Première leçon retenue : j'ignore ce que
c'est de rouler à de telle vitesse, donc j'ignore les distances de
freinage nécessaires. Prudence.
Un peu plus loin, je touche avec le pied gauche. Puis plus loin le pied
droite ! C'est dingue, j'ai touché les pieds!
Gorges de l'Ardèche : putain ce que c'est beau ! J'étais déjà venu deux
ou trois semaines avant pour m'y balader en solitaire. M'y trainer
serait plus juste. Avec le groupe, ça file bon train, pour moi en tous
cas. Mickey, avec Emmanuel à l'arrière, me double et m'indique de le
suivre. Attention, ceci n'est pas un message à caractère sexuel :
Mickey, rien que d'admirer tes courbes, ça me donne envie. On s'arrête
sur un magnifique point de vue, ou Mickey en profite pour m'expliquer
la trajectoire en la traçant "à pied".
A table ! Je somnole en mangeant distraitement, ce qui a au moins le
mérite d'en faire marrer certains.
C'est repartu, mon cucul ! Et il commence à être douloureux. A part le
col du Bourrinet (je le passe plus vite cette fois), je ne sais
vraiment plus quel trajet on a fait. Je roule, je roule, je ne pense
qu'à la route, au son de ma moto, aux enchainements de commandes, je
passe en mode "double vue" pour zieuter à la fois la moto devant et la
route devant elle. Ouh que c'est bon ! J'ai l'impression d'être hors du
temps, sur une route unique qui n'en finit pas et qui tourne, qui
tourne... A un moment, c'est Zazzz qui m'ouvre la voie, avec la même
aisance que Mickey. Attention, ceci n'est pas un message à caractère
sexuel : .
Ah, c'est le soir ! J'en ai entendu causer des soirées TP... Alors
donc, bizarres et étranges se succèdent. On cause, on cause, Tromph
raconte l'histoire de la Tromph party, puis Flyben l'histoire du BKRT.
Les deux savent raconter. Vers 4 heures, dodo. On rapporte toutefois,
sous couvert d'anonymat par
peur de
représailles, qu'une scène édifiante eu lieu à l'aube. Mais ce ne sont
que des rumeurs. Certains parlent de chevauchée fantastique, d'autres
d'abandon pour cause de pneus crevés. Allez savoir...
--
GYC
DIMANCHE :
Alors là, c'est le pompon.
Au petit déj, annonce d'alerte orange sur l'Ardèche et la Drôme.
Consciencieusement, la plupart se prépare... pour une ballade avant le
repas de midi. En fait, il me semble que certains ont un petit sourire
du genre "cool, des difficultés...". Mais je doit rêvé. Surement.
Ca démarre avec les crotteux : Julio, Perfal, Saint-Bernard, Marcman,
Nadège en maman oie et Titeroute qui ferme la marche. Ce groupe
m'impressionne : on dirait des tiges de métronome qui se balancent d'un
angle à l'autre, tout ça dans des routes à chèvres. Pour ma part, je
suis rincé et c'est la moto qui m'emmène bon angle mal angle. A un
moment, n'en pouvant plus, je demande à Marcman si on ne peut pas
prendre une route un peu plus droite. Y'a des questions, comme ça, qu'on
regrette.
Durant le repas, il neige mais ça n'accroche pas...encore. Par contre,
quand on part, c'est blancs manteaux. Il y a Pôpa et sa femme, Jolitho,
Kryll et moi. On se dirige vers l'autoroute pour remonter vers Valence,
Grenoble ou Lyon. On se traine, la route est blanche, il continue de
neiger, la buée se pose durablement à l'extérieur et à l'intérieur de la
visière. Dans mon casque, il y a une mystérieuse zone de la taille d'une
pièce de 5 centimes, en haut à gauche, qui reste dégagée. Je conduis en
rentrant la tête dans les épaules pour mettre cette zone à hauteur des
yeux. Pôpa et Moumoune (?), qui nous attendaient à une station, nous
disent quelque chose comme "vous ressemblez à des spectres" tellement
moto et bonshommes sont recouvert de neige. Ils filent devant et on ne
les reverra pas. Kryll, Jolitho et moi nous engageons sur l'autoroute,
ce qui nous permet de rouler à... quoi, 30 km/h, 40, 50 ? Je ne sais
plus mais c'est lent. On croise à un moment une moto à l'arrêt sur la
bande d'arrêt d'urgence, avec le gars à côté qui téléphone. Etrange vision.
On sort enfin à Valence Sud... et c'est là que la galère commence. Kryll
pense qu'on ne passera pas la montée de la voie express juste après
l'autoroute et que rester coincé là-dessus sans possibilité de
demi-tour, ça craint. Jolitho est d'accord et ils avaient sans doute
tous les deux raisons. Le problème, c'est que pour contourner c'est
montée et reprendre la voix express plus loin, Kryll propose de passer
par le centre ville en se disant que ça roulera tranquille. Oups. Faut
croire que tout le monde voulait voir la neige, il y a des voitures
partout. Et elle tombe toujours. Kryll se goure de route et nous fait
passer le pont en direction de l'Ardèche. Non non, la Tromph c'est fini,
on rentre maintenant. Au feu, jolitho tombe côté gauche. En essayant de
l'éviter, je me rétame côté droit. On aide Jolitho qui va poser sa moto
plus loin, ils m'aident à relever la moto et à me lancer. Je passe le
pont pour arriver sur une avenue qui monte, qui est pleine de voitures
et de neige. Les autres n'arrivent pas et je ne vois pas ou m'arrêter. A
un feu, gamelle n°2 au démarrage, côté gauche cette fois. Tant bien que
mal (merci aux automobilistes super serviables), j'arrive à garer la
moto tout en haut de l'avenue. Je redescend à pied pour retrouver les
deux gus et voit Kryll tentant de garer sa bécane. Une ridicule trainée
de neige fait patiner l'arrière. Je lui crie que j'arrive pour l'aider
mais il est en mode pen coat : le regard droit devant, il essore la
poignée de gaz en forçant avec les pieds pour que ça passe. Sur son
visage, c'est clairement marqué : "je vais pas me laisser emmerdé par
une plaque de neige, B... de M... !". Finalement, il passe. On redescend
l'avenue pour retrouver Jolitho, aidant au passage un utilitaire avec
remorque qui faisait du sur place. On traverse le pont, aucune trace de
Jolitho. On apprendra plus tard qu'il a laissé sa bécane à la gare pour
rentrer en train. Bon, ben c'est reparti. A la voie express, on se sépare.
Je prend la sortie Chabeuil un peu plus loin. C'est de pire en pire.
Alors que je n'y vois rien, que pour la première fois de ma vie je
bouchonne en me trainant à 25 avec une file de bagnoles derrière, une
ambulance sirènes hurlantes passe tout le monde, me double... et
m'arrose d'une gerbe de neige. Je rigole dans le casque : question de
nature, mais je ne vois que le côté cocasse de la situation, en me
demandant qu'elle sera le prochain truc surréaliste qui va me tomber
dessus. En fait c'est dessous et ça s'appelle le verglas. Je suis à
moins de 2 km de chez moi quand je chute. Le gars de la voiture derrière
m'aide à relever la moto et cherche à la stabiliser pendant que j'essaye
de repartir. Peine perdu, le cul chasse et j'évite de peu la chute. Je
décide que ça suffit. Je gare la moto sur le côté, laisse passer le flot
de voiture et voit arriver la gendarmerie. Je demande à un gendarme de
m'aider à éloigner la moto de la route, pas qu'elle se fasse
chasse-neiger. Finalement, c'est dans le fourgon que je fais le reste du
trajet, à papoter avec les gendarmes sur la météo. Fin de la 4ème
dimension, retour à la réalité d'une douche chaude et d'un bon lit.
LUNDI :
Le lendemain, alors que Kryll et moi déneigeons la moto pour la rentrer,
d'autres gendarmes viennent nous voir. Ils sont au courant pour ma moto
et nous conseille de nous dépêcher de la sortir : il y a déjà eu 3
accidents pile dans le coin. Effectivement une voiture sur le toit se
trouve à quelques dizaines de mètres. Passage au jet (la pauvre titine
était vraiment crade) et enfin le garage.
Le bilan est équilibré : les deux leviers pétés, les deux pédales tordus
et les deux tibias éraflés. Y'a 1900 bornes au compteur de la Versys.
Bon alors, la première concentre, c'est :
Des franchissements, de la neige, du verglas, du froid, du bizarre, des
discussions improbables, des couchés tardifs, des gamelles... Et on est
sensé aimer ça ?!
Ben ouais en fait.
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Emmanuel aka GYC, bizuté de froid