Sommaire TP 10
Le CR de Logan

FILO - Episode 1
Préambule : pour ceux qui ont veillé suffisamment tard vendredi soir pour
avoir déjà eu l'histoire, désolé de reprendre du début.

Mon problème avec l'Ardèche, c'est que j'en maitrise mal la géographie,
étant toujours calé derrière un guide et admirant le paysage. Du coup,
lorsque mon GPS m'a fait prendre Mezhilac, puis Lachamp-Raphael, je ne me
suis pas méfié. Enfin, une fois passé Mezhilac, si, je me suis méfié, mais
pas assez. Les murs de neige d'un bon mètre sur les côtés, les lignes de
neiges entre les voies, et le thermomètre de la moto à - 5°C auraient
pourtant du me pousser à d'avantage de prudence. Mais à Mezhilac, le GPS me
donnait 25 mn pour rejoindre Montpezat, alors j'ai insisté... jusqu'aux
congères, et puis des belles, de 20 bon centimètre d'épais en leur milieu,
et de toute la largeur de la route, justes avant le panneau d'entrée de
Lachamp-Raphael...

Le temps de réaliser, de mettre les 2 pieds au sol, de couper les gaz, de
traverser 2 congères sur l'élan (c'était en descente), je me suis étalé sur
le verglas et me suis tanké dans une 3e congère. Heureusement, Anne était
assez loin derrière pour s'arrêter juste avant la première congère. Pas de
bobo, je coupe le moteur, redresse la moto avec Anne, et tente de manœuvrer
la bête hors de ce champ de neige/verglas. Une bonne demi-heure plus tard,
par -8 et avec une burle fantastique, nous parvenons à sortir le bestiau
pour le remettre sur le chemin du demi-tour, avec l'aide d'un jeune
ardéchois fort serviable.

Hélas, en plus d'être un obstiné du GPS, je suis aussi un étourdi, et j'ai
laissé les pleins phares pendant toute la manœuvre. Au moment de vouloir
repartir, nada, la batterie avait rendu l'âme !

(To be continued...)



FILO - Episode 2

Résumé de l'épisode précédent : Lachamp-Raphael, 15 habitants, 1350 m
d'altitude, -8°C, neige, verglas, 21h00.

Evidemment, nous n'en restons pas là au chapitre "Mauvais choix et guigne
persistante". Je conseille (bien mal) à Anne de redescendre au Cheylard en
suivant Clément, le jeune homme qui nous avait aidé à sortir la brêle de la
neige. Et je m'en vais vaillamment, à pied, traverser le champ de congère
pour me mettre à l'abris du vent dans les rues de Lachamp-Raphael.

C'est là que je découvre que mon portable est HS, sa batterie n'ayant
apparemment pas supporter le froid. Seulement 2 maisons éclairées. La 1ere
porte reste close, j'apprendrai plus tard que l'occupant est un vénérable
sourd. La 2e porte s'ouvre et Maité m'accueille gentiment, avec téléphone,
infusion "fruits rouges" et connexion internet. J'appelle l'assistance pour
qu'il m'envoie un dépanneur, et via le net, j'envoie des SMS à Anne pour
qu'elle puisse joindre Tromph, pour qu'il puisse la guider jusqu'à
Montpezat... où les téléphones captent vraiment mal !

Pendant ce temps, Anne quitte le Cheylard en direction de Privas, après
avoir appris de Tromph que le Cheylard - Montpezat, c'était 2h30 et 2 cols.
Elle chercheras désespérément un hôtel à Privas : une bonne vingtaine ! La
moitié étant fermé, l'autre moitié pleine, elle envisage alors de chercher
refuge chez les pompiers ou la gendarmerie, tous fermés, puis chez
l'habitant.

De mon côté, sur le coup des 23h00, j'aide le dépanneur à chargé le bestiau,
par -10°C et avec un vent de dingue. Entre temps, la DDE était passé et
avait dégagé les congères et soigneusement dégagé aussi ma moto : bravo,
belle conscience professionnelle, mais mauvais timing ! C'est vrai quoi ils
auraient pu passer avant...

Anne trouve refuge dans une coquette maison où une bande de "djeuns" pendent
la crémaillère. Ils lui offrent boissons, nourriture, alcool, etc. Ils sont
tous (et toutes) bien bourrés, fument beaucoup (et peu de tabac), commencent
à se peloter ardemment sur le canapé, et encouragent Anne à se
"décontracter"...


FILO* - Episode 3

Résumé de l'épisode précédent : voyage en dépanneuse et dépannage de
voyeuse.

Anne éconduit poliment les jeunes ardéchois chauds bouillants. Il est
minuit, il fait dans les –5°C, elle n’a nulle part où dormir seule dans un
lit, et le panneau bleu "A7 – Lyon" lui offre une promesse de douillet
refuge domestique. Après 3h de routes (avec le mistral dans le nez) et de
pauses sur les aires d’autoroutes (où elle passe pour une extra-terrestre),
elle atteint son "Home Sweet Home", claquée et en légère hypothermie...

De mon coté, je fais une arrivée triomphale en dépanneuse, bon dernier
(minuit et demi) à Montpezat. Le sympathique tenancier m’a gardé un repas,
que je dévore goulument (z’avez vu l’heure). Après quelques serrages de
pognes et claquages de bises, un petit remontant, une clope et au pieu. Et
là, impossible d’ouvrir les valoches, c’est le dépanneur qui a les clés !
Fautes de "drogues", je dors assez mal (Trool, tu ronfles un peu), et le
lendemain, le Philo m’amène gentiment au garage à Neyrac, où je récupère
clés, médicaments et brêles. Elle démarre au quart de tour (sous assistance
de booster) : ah, si j'avais eu des cables... Arrivé à Montpezat après un
petit détour, je coupe le moteur, et test le re-démarrage... qui réussit !
Enfin une bonne nouvelle. J’en profites pour remonté sur la brêle, direction
Lozanne, pour un crunch et une bonne douche chaude bien mérité. A noter que
j’ai eu quelques flocons en arrivant, juste pour me foutre la trouille.

Reste plus qu’à se faire pardonner pour lui avoir fait le coup de la panne
par -8°C en pleine nuit dans la montagne ardéchoise...

(To be continued)

*Ah, j'oubliais, FILO, c'est l'acronyme d'usage pour qualifier mon
arrivée/départ, même si LIFO serait plus adapté...



FILO - Epilogue

Résumé de l'épisode précédent : rentrer maison.

Parmi les choses racontable que j'ai du faire pour me faire pardonner, outre
un bon mea culpa sur les thèmes "s'arrêter avant les congères, ne pas se
séparer, ne pas jardiner sans connaitre où tu mets les roues, etc.", j'ai du
lui promettre un trip shopping-ciné-restau, qui s'est transformé en
restau-dodo-shopping, ce qui est bien aussi.

Au final, on s'en tire bien, mais de belles frayeurs quand même, et Anne a
juré de ne pas refaire de TP. Bon, avec une nouvelle séance
shopping-ciné-restau, ca devrait passer, mais ca va être difficile.

Un grand merci à tous pour votre accueil vendredi soir, pour les prêt de
portables, pour les encouragements à Anne perdu dans la pampa, etc.

En espérant vous voir plus longuement à la TP11.

Bye,

- Logan